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Le guide des sources autour de la guerre d'Algérie

1. La genèse

Pourquoi un guide des sources sur la Guerre d'Algérie

Ce guide des sources est une mise à jour de la publication de 2012 qui commémorait le cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie, publication jusqu’alors accessible par le site des Archives départementales et sur Calameo. Après l'annonce faite en 2019 par le président de la République d'ouvrir les fonds consacrés à l'Algérie, les Archives départementales d’Ille-et-Vilaine ont été confortées dans leur souhait de procéder à la mise à jour de l'instrument de recherche. Cela a permis de tenir compte des nouvelles entrées de fonds ainsi que des sources existantes et commentées par les chercheurs depuis la première publication ; l'occasion était donnée pour apporter des précisions tout en mettant en exergue des documents exploités. L'organisation des données et le plan du guide ont été revus pour se conformer au format du site.

 

L'objectif est de recenser les sources existantes conservées dans les fonds des Archives départementales, essentiellement publiques - avec toutefois la présentation de quelques fonds d'archives privées. Les sources extérieures incontournables font l'objet d'un signalement tels les documents conservés au CNAOM par exemple, ou ceux des services de la Défense ; des liens vers les sites internet dédiés sont ainsi proposés. Les fonds d’archives des communes trouveront naturellement leur place, à terme, ce qui donnera la vision du conflit sur le territoire départemental. L'outil en ligne proposé aujourd'hui rendra la mise à jour plus aisée. 


Pour aider le public à se familiariser avec les fonds, l'idée est également de pouvoir illustrer chaque source par un document se prêtant à une publication en ligne. Le respect des données personnelles et les contraintes des délais de diffusion sur internet, allant jusqu'à 100 ans pour les données nominatives, rendent impossible la publication en ligne de sources non encore librement communicables. Il est par  ailleurs obligatoire de masquer les identifiants pour celles d'entre elles contenant des données personnelles. 
Le recensement des sources nouvelles ou non repérées jusque-là et la restructuration de l’instrument de recherche en vue de sa publication sur le site "histoire  à la source"  ont été les grandes étapes de ce projet travaillé, en lien avec la société Limonade & Co pour la publication en ligne en 2019.

 

A qui s'adresse ce guide des sources ?

Ce guide vise tous les publics, ce qui nécessite de faciliter la compréhension des sources par l'ajout d'explications de différents ordres : historique ou méthodologique, sur le contexte de production ou de conservation des sources, voire par l'ajout de définitions.  Des orientations bibliographiques ou archivistiques sont proposées à ce titre dans la "boite à outils" ainsi que quelques développements, telle la chronologie sélective ou encore des pistes de recherche pour aborder le militantisme féminin. Ces rubriques pourront être enrichies.

Liste de contributeurs

La publication de ce guide des sources est le fruit d’un travail collectif mené aux Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, sous la direction de Claude JEAY et sous la responsabilité d'Anne-Lise MIKES, chargée d’études documentaires.

Recensement des sources et rédaction de contenus pour la mise à jour :

Gwenaëlle CHENU-PAGEOT, assistante de conservation du patrimoine ; Alain MARTIN, secrétaire de documentation ; Anne-Lise MIKES, chargée d’études documentaires ; Lydie POREE,  assistante de conservation du patrimoine ; avec la participation pour le signalement des sources de : Samuel BOCHE, responsable de la salle de lecture.
D'autres équipes de traitement des fonds participeront également aux prochaines mises à jour. 

Constitution de l'instrument de recherche pour la publication en ligne :

Equipe de traitement des fonds : Gwenaëlle CHENU-PAGEOT, assistante de conservation du patrimoine, Alain MARTIN, secrétaire de documentation ; Anne-Lise MIKES, chargée d’études documentaires ; Lydie POREE, assistante de conservation du patrimoine avec la collaboration de Christophe GORGE . Equipe technique et ressources : Jean-Yves Le Clerc, responsable des ressources ; Patrick Gautier, Jean-Philippe MILLOT et Christophe PIFFETEAU (ateliers photographique et de numérisation des Archives départementales d’Ille-et-Vilaine) ; Stéphane LAURENT, chargé du système d’information ; Sylvie LEBLANC, chargée du suivi des marchés publics ; Patricia DELAUNEY, community manager. Prestataire pour le développement sur le site : Christophe JACOBS et Benjamin SUC (Limonade & Co)

 

2- Les contenus

Sujet

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la préoccupation en Ille-et-Vilaine, comme pour la plupart des départements français, était de faire face aux difficultés économiques et sociales. Les positions concernant la décolonisation, autre sujet de préoccupation, commençaient  à s'immiscer dans les débats locaux. Eloigné des terres de conflits, considéré comme un « département tranquille », le département d'Ille-et-Vilaine a malgré tout joué un rôle inattendu et s'est inscrit dans l'histoire nationale. Le fait que sa capitale soit le siège d'une cour d'appel et d'un tribunal militaire au sein de la 3e région militaire y a de fait beaucoup contribué. 
Le périmètre retenu couvre essentiellement la période 1954-1962, période de la guerre au sens strict. Sont incluses toutefois des informations sur la période de la colonisation ou de l’immédiat après-guerre, le cessez-le-feu  n’ayant pas mis fin à tous les combats. Des documents plus récents permettent aussi d'aborder la mémoire du conflit.
Cette guerre lointaine et qui longtemps n'a pas dit son nom n'a, de fait, pas laissé les mêmes traces que les conflits précédents dans les fonds d’archives des administrations. La difficulté est donc de trouver les sources souvent mêlées au sein de dossiers beaucoup plus généraux issus du courant de la gestion administrative ou judiciaire.

Le guide est organisé en trois volets selon un plan thématique :

 

Le volet 1 est consacré aux relations entre les peuples de part et d'autre de la Méditerranée, en s'arrêtant sur ce qui n’était alors nommé ni guerre ni insurrection mais  "événements" : des éléments de contexte sont proposés pour aider à comprendre le climat politique qui s'installe et les préoccupations qui se font jour après l'appel du contingent. Les élections et partis en présence, le contrôle de l'information, les moyens mis  en œuvre pour intégrer les populations d'Afrique du Nord - ainsi nommées par l'administration - en métropole permettent de sonder les idées et opinions. Ce volet s'attache à montrer la situation des personnes : on y aborde les mouvements migratoires, on s'intéresse aux aides apportés aux familles, à la main-d'œuvre, aux étudiants. Une partie est dédiée à l'accueil et  la prise en charge des rapatriés d'Algérie.

 

Le volet 2 est consacré aux mesures mises en place par le gouvernement pour tenter d'aplanir les tensions croissantes et rétablir l'ordre : l'état d'urgence est proclamé en Algérie puis en France métropolitaine ; la surveillance des individus, groupes, associations, activistes ou militants qui se font entendre ou agissent dans l'ombre ; les mesures répressives. Les administrations policières s'organisent pour faire face aux différents mouvements d'opinion, manifestions, agressions et attentats. Le climat social est tendu. Les prisons d'Ille-et-Vilaine accueillent des détenus célèbres, dont Rabah Bitat, membre fondateur du FLN, ou encore la militante FLN Djamila Boupacha. Plusieurs procès ont été transférés en métropole, pour certains à Rennes, siège de cour d'appel et du tribunal militaire de la 3e région militaire. Le Département d'Ille-et-Vilaine est ainsi le témoin de grands procès, retentissants et symboliques à la fois, avec les affaires Audin et Alleg.

 

Le volet 3 est consacré à la reconnaissance et à la  mémoire de la  guerre ainsi reconnue et nommée à partir de 1999 seulement. Cette mémoire est encore à écrire. Peu de sources pour l'instant nous permettent de l'aborder. La reconnaissance tardive n'a pas laissé les traces visibles au sein des administrations départementales. Il faudra se tourner vers les témoignages et sources privées pour parvenir à compléter les absences de sources officielles. A Rennes, c'est en septembre 2012 qu’a été inauguré le mémorial départemental pour les soldats morts en Afrique du Nord.

 

>> Accéder au plan détaillé du Guide de sources de la guerre d'Algérie

Les sources

Sans compter les archives des communes, c'est plus de 300 entrées émanant d'une cinquantaine d'administrations ou de particuliers ayant peu ou prou produit ou reçu des informations sur le sujet qui sont recensées ici. Elles concernent tant des fonds dans leur globalité que des dossiers individualisés, voire des pièces précises. Seuls les versements suffisamment identifiés ont pu être examinés ; quelques autres ont fait l'objet de sondages (fonds judiciaires) ou sont proposés comme pistes de recherche (recensement de population, distinctions honorifiques). Des thématiques d’inégale importance se côtoient donc dans ce guide des sources. Certaines sont développées à travers des dizaines de notices (par exemple : le maintien de l'ordre, les affaires judiciaires…), tandis que d’autres se limitent à quelques notices (par exemple : le recrutement). Cela tient compte aussi au fait que tous les documents n'ont pas encore été versés.




Les sources dites génériques n’ont pas été systématiquement rappelées :  elles sont bien sûr incontournables ; ce sont les registres de délibérations des différentes instances publiques, dont celles du Département et des communes, témoignant tant des actions menées localement que des silences interrogateurs ; ou encore la presse : la presse locale qui a permis de relayer les grands épisodes nationaux des "événements" et par là même distillé idéaux et enjeux : son rôle joué lors des procès retentissants qui se sont déroulés sur le territoire départemental en est un exemple ; c'est aussi la presse nationale qui, pour partie, a bravé les interdits et tenté de diffuser photographies et témoignages touchant les réalités ignorées et fait naître contestations et réactions. La parole donnée aux comités de défense en est un exemple.

 

Malgré le soin apporté au recensement des sources sur les différents sujets, ce guide ne peut prétendre à l’exhaustivité. L'internaute pourra nous aider à y remédier en nous signalant des compléments.



 

Comme pour tout historien travaillant sur la période, le vocabulaire choisi a fait l'objet de questionnements. Comment nommer les Algériens à cette époque ? Comment nommer les actions menées par le FLN, celles que l'administration qualifie de terrorisme ? Le parti pris est de respecter le vocabulaire retenu par les administrations autant que faire se pouvait ou de donner des avertissements : ce choix permet de montrer l'évolution des mentalités. La guerre d'Algérie est aussi une guerre des mots et des ressentis.

 

La consultation de ce site internet doit être comprise comme une première étape de la recherche, préalable à la consultation des documents originaux dans les services patrimoniaux qui les conservent, même si le principe d'une sélection d'une illustration par notice a été retenu chaque fois que possible. L'enrichissement progressif du site est également prévu soit par des documents nouvellement ouverts à la diffusion en ligne, soit par le signalement de fonds ou de collections par des utilisateurs voire des dons numériques auprès des Archives départementales.