Volet 1. L'armée et les soldats Volet 2. L'arrière et les civils Volet 3. L'après-guerre et la mémoire Partie 3.1. Sortir de la guerre Partie 3.2. Se souvenir et honorer Chapitre 3.2.1. Le retour des corps et les sépultures militaires Sous-chapitre Identification des corps et remise des effets Sous-chapitre Rapatriements et transferts de corps Sous-chapitre Sépultures militaires Chapitre 3.2.2. Les honneurs Chapitre 3.2.3. Les commémorations Chapitre 3.2.4. Les monuments aux morts Chapitre 3.2.5. Les anciens combattants Chapitre 3.2.6. Les écrits et témoignages

3.2.1. Le retour des corps et les sépultures militaires

Ce sous-chapitre est consacré aux mesures prises pour gérer le retour des corps et les sépultures militaires. A l'inverse de ce que l'on a connu dans les conflits antérieurs, 80% des décès sont dus aux combats, plus qu'aux maladies qui pouvaient s'en suivre. Cette "mort de masse", de surcroît très violente, rendant les identifications difficiles voire impossibles, est une particularité de la Grande Guerre. Une organisation se met en place ainsi que de nouveaux rites funéraires : cela passe par la constitution de cimetières provisoires près des fronts, ou encore par la nécessité pour les communes d'organiser le retour des dépouilles de leurs soldats.

Devant l'ampleur des décès, une réflexion sur l'inhumation se fait jour très vite. La préoccupation sanitaire qui donne lieu aux inhumations provisoires côtoie la préoccupation morale majeure de l'identification des corps. Dès l'été 1914, les exhumations et transferts de corps des zones de combat ont été interdites. Mais à partir de 1919, les exhumations clandestines se multipliant, l'Etat doit prendre des mesures pour en limiter les effets (instruction du 15 juin 1919) : il décide de la restitution des corps des militaires et marins morts pour la France. Sur le front, les corps des soldats sont exhumés pour être rassemblés dans des nécropoles nationales comme celle d'Auberive ou de Notre-Dame de Lorette. Après-guerre, la question de maintenir les sépultures à l'endroit des combats plutôt que de les rapatrier est posée et donne lieu à des débats. La loi de finances du 31 juillet 1920 et le décret du 28 septembre 1920 organisent le service chargé des restitutions. Les familles ont jusqu'au 15 février 1921 pour faire parvenir leurs demandes au ministère des Pensions. Les textes prévoient la restitution des corps aux familles qui le désirent aux frais de l'Etat. Mais les frais sont tels que seuls 30% des corps identifiés sont restitués ; nombre de soldats sont restés dans les cimetières militaires ou les ossuaires, dont les quatre principaux en France se trouvent à Douaumont, Hartmannswillerkopf (Vosges), Dormans (Marne) et Rancourt (Somme).


Une large majorité des notices traitant du retour des corps provient des fonds d'archives des communes (série H) ou des fonds de la préfecture et des sous-préfectures (séries O, R, Z). Elles concernent principalement les "tableaux des objets recueillis" présentés afin de faciliter l'identification du soldat, des généralités sur les démarches de rapatriement des corps et parfois des cas particuliers de transferts de corps.

Pour ce qui relève des sépultures militaires, l'état-major militaire a été contraint de revoir son approche de la gestion des morts. Des fosses communes et ossuaires, dans lesquels les soldats étaient majoritairement regroupés - même si une loi de 1873 prévoyait déjà une conservation dans des tombes -, on passe à une organisation de sépultures individuelles (à partir de 1915). Une circulaire du 9 novembre 1914 rend le repérage et la conservation des tombes systématiques. L'administration militaire fournit des listes de soldats tués et dresse les plans des tombes ; les officiers d'état civil nommés auprès de chaque unité assurent l'inhumation dans les cimetières provisoires, dans lesquels les tombes sont numérotées et portent l'identité du défunt dans la mesure du possible. Les maires, pour leur part, recensent et dressent des inventaires des tombes, organisent des carrés militaires dans les cimetières. Faute de traces écrites des rituels, des photographies peuvent montrer tout le soin apporté à la tombe (cf AD35 31 Fi 431, le cimetière sur le front). Il est permis aux familles de se rendre sur place pour se recueillir sur la tombe des soldats. Après la guerre, la loi du 31 juillet 1920 décide de la transformation des cimetières provisoires en nécropoles nationales.

Les notices relatives aux sépultures concernent principalement les militaires, inhumés dans les communes du département ou dans des cimetières militaires, mais s'y trouvent aussi les réfugiés inhumés en Ille-et-Vilaine. Les dossiers fournissent notamment de la réglementation (le Recueil des sépultures) et traitent du recensement et de la réalisation des différents états, des visites des familles aux tombes des militaires, de l'entretien et de l'aménagement des cimetières, et ce depuis l'époque de la guerre jusqu'à nos jours. Les documents proviennent pour partie des fonds préfectoraux (série R et Z) et d'autre part des fonds d'archives des communes. Quelques rares représentations viennent de fonds privés.

POUR ALLER PLUS LOIN :

En complément des notices, on pourra consulter les informations apportées sur le sujet, pour mieux comprendre le contexte :

- Les sépultures militaires dans les textes



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La cocarde du souvenir. oeuvre de la reconnaissance des tombes des militaires et marins morts pour la Patrie : affiche d'appel à souscription (s.d.) - AD35 4 Ff 44 ; Certificat d'inhumation signé du bourgmestre de la commune d'Auvelais en Belgique, où le soldat Bannier est mort le 21 août 1914 (1921) - FRAD035 216 J.

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