Volet 1. L'armée et les soldats Volet 2. L'arrière et les civils Partie 2.1. Administrer le département Chapitre 2.1.1. Le fonctionnement des administrations et la vie politique Chapitre 2.1.2. La protection des populations Sous-chapitre Assistance et secours par la puissance publique Sous-chapitre Populations accueillies Sous-chapitre Santé et hygiène publiques Chapitre 2.1.3. L'information des populations Chapitre 2.1.4. Le maintien de l'ordre et la justice Chapitre 2.1.5. L'économie de guerre Partie 2.2. Vivre à l'arrière Volet 3. L'après-guerre et la mémoire

Populations accueillies

Ce sous-chapitre concerne les moyens mis en oeuvre pour accueillir les réfugiés. Dès août 1914, les places fortes du Nord et de l'Est sont évacuées de leurs habitants, considérés comme "bouches inutiles". A ces personnes expulsées viennent s'ajouter les habitants qui fuient les régions occupées et ceux qui craignent les atrocités perpétrées par l'ennemi. Le nombre des personnes déplacées est vite important. Les premiers réfugiés du nord de la France et de la Belgique arrivent à Rennes dès fin août 1914 ; ils sont près de 7 000 en avril. En Ille-et-Vilaine, on comptabilise 22 000 personnes réfugiées en septembre 1918. Or l'organisation et les dépenses induites ne sont pas prévues dans les départements et villes d'accueil. Les autorités doivent donc prendre rapidement des dispositions pour faire face à cet afflux. Une circulaire ministérielle du 1er septembre 1914 organise le service des évacués et des réfugiés dans les départements. Sollicités par les préfets, les maires ont pour mission d'organiser les secours, d'allouer des aides, de veiller à l'état sanitaire des réfugiés, de leur fournir du travail, d'assurer leur logement en collectivité ou dans les familles et encore de surveiller leurs déplacements. Dès le 5 août 1914, une loi permet à l'autorité militaire de réquisitionner logements et nourriture au profit des réfugiés. Cependant le logement et le travail restent des points d'achoppement : les maires s'opposent souvent à l'arrivée de réfugiés dans leur commune, du fait de la pénurie de locaux, et le travail proposé n'est pas toujours adapté aux possibilités des réfugiés accueillis. Ces derniers bénéficient aussi d'une allocation journalière, qui suscite rapidement de nombreuses critiques. Des systèmes d'indemnisation et d'imposition sont également prévus en guise de dédommagement des habitants.

Pour adapter au mieux la gestion de ces flux, il a donc fallu recenser, lister les personnes accueillies ainsi que les moyens à mettre à disposition : listes nominatives et états statistiques sont ainsi les documents que l'on retrouve le plus, tant dans les fonds préfectoraux qui témoignent des contrôles qu'au niveau communal qui fournit les ressources. On trouve également des enquêtes pour la mise à disposition de locaux : il en est ainsi lors de l'évacuation des prisons de la région parisienne et de Furnes (Belgique) vers la centrale de Rennes.

Des dispositions spéciales sont prévues pour les personnes appartenant à des nations alliées ou neutres ou pour les étrangers de nationalité austro-allemande ; elles concernent notamment les départements dans lesquels elles sont autorisées à résider et peuvent ainsi être évacuées. Les étrangers font l'objet d'une surveillance particulière présentée dans le chapitre consacré au maintien de l'ordre.

En ce qui concerne les secours apportés par les différentes oeuvres et qui viennent compléter les dispositifs publics, ils sont présentés dans un chapitre dédié.

Les différentes catégories de réfugiés étant majoritairement regroupées au sein d'un même dossier, le choix a été fait de ne pas présenter les réfugiés en fonction de leur situation, de leur région d'origine ou encore de leur nationalité.

POUR ALLER PLUS LOIN

En complément des notices, on pourra consulter les développements qui ont été apportés sur certains sujets, pour mieux comprendre le contexte :

- Qui sont les réfugiés et les évacués ? ; l'assistance aux réfugiés



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