Volet 1. L'armée et les soldats Volet 2. L'arrière et les civils Partie 2.1. Administrer le département Partie 2.2. Vivre à l'arrière Chapitre 2.2.1. La vie quotidienne Sous-chapitre Conditions de vie Sous-chapitre Oeuvres d'assistance et de secours à la population Sous-chapitre Education Sous-chapitre Religion Chapitre 2.2.2. La vie sociale Chapitre 2.2.3. L'arrière et le soldat Volet 3. L'après-guerre et la mémoire

Les sociétés de secours mutuels

Plus de 120 sociétés de secours mutuels coexistent sur la période de la guerre si l’on inclut les sociétés tournées vers les soldats. S’y ajouteront, juste après-guerre, plus d’une vingtaine de sociétés en faveur des anciens combattants. Ce sont des associations d’assistance mutuelle et de prévoyance. Héritières des anciennes confréries, elles passent de simples sociétés de bienfaisance occupées à aider les pauvres et les malades à des organisations plus structurées et réglementées par l’Etat.

Elles ont ainsi connu différents statuts : elles sont libres ou simplement autorisées (loi du 10 avril 1834 sur les associations), reconnues d’utilité publique (loi du 5 juillet 1850), approuvées (décret organique du 26 mars 1852).
Elles peuvent aussi être créées par les soins du maire et du curé dans chaque commune après approbation du préfet.
Elles sont de fait répertoriées en préfecture et numérotées.

La loi du 1er avril 1898, dite charte de la mutualité, marque un tournant dans leur existence en leur donnant une légitimité et en affirmant leurs missions : l’assurance-vie, la retraite, les œuvres sociales et secours temporaires. Administrés par un bureau, composées de membres dont le nombre n’est plus limité 500 comme à leur début, elles peuvent fusionner entre elles et former des unions. Elles ont également l’avantage de pouvoir être subventionnées par l’Etat ou le département et de recevoir des dons et legs. Ainsi les documents composant les dossiers sont naturellement : les correspondances liées à la demande d’autorisation ou d’approbation, les statuts et règlement de la société, les arrêtés préfectoraux d’approbation, les procès-verbaux de nomination des membres, la liste des sociétaires, les comptes rendus financiers, les justificatifs tant pour la constitution des retraites ou des rentes viagères, que le versement d’allocations, la gestion des subventions octroyées par l’Etat à titre de secours, les achats de rentes ou de biens. Tous les dossiers n’offrent pas une telle richesse d’informations : ils sont nombreux à ne contenir que quelques pièces ; seuls les dossiers possédant avec certitude des informations sur la période du conflit sont cités.

Originellement tournées vers le monde ouvrier, ces sociétés s’étendent à d’autres métiers et contribuent au lien social. Sur notre période, une belle palette de métiers s’offre à nous :
- les ouvriers des différents corps de métiers (mineurs, tailleurs, tonneliers, menuisiers, tanneurs, cordonniers, couseurs, apprêteurs de soie de porcs, peintres, papetiers, lithographes, boulangers, ou encore ouvriers et ouvrières de la confection militaire, de l’imprimerie Oberthür, des chemins de fer),
- les employés de l’octroi,
- les domestiques et anciens domestiques de Rennes,
- les instituteurs et institutrices d’Ille-et-Vilaine, les anciens élèves,
- les pharmaciens, les médecins,
- les sapeurs-pompiers, les anciens militaires et marins
- s’y ajoutent aussi les différentes caisses de retraites de communes ou encore les mutuelles scolaires.

Les objectifs premiers sont souvent affichés dans le nom même des sociétés : « la Prévoyance rennaise » (4X 75), « la famille Janzéenne (4X 86), la « solidarité ouvrière d’Argentré » (4X 124), la mutualité maternelle dite « la solidarité féminine » (Saint-Malo, 4X 125), la « société de secours immédiat des tramways à vapeur d’Ille-et-Vilaine » (4X 133), « l’orphelinat des chemins de fer » (4X 210).

Plan de l'ensemble


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