Volet 1. L'armée et les soldats Volet 2. L'arrière et les civils Partie 2.1. Administrer le département Chapitre 2.1.1. Le fonctionnement des administrations et la vie politique Chapitre 2.1.2. La protection des populations Sous-chapitre Assistance et secours par la puissance publique Sous-chapitre Populations accueillies Sous-chapitre Santé et hygiène publiques Chapitre 2.1.3. L'information des populations Chapitre 2.1.4. Le maintien de l'ordre et la justice Chapitre 2.1.5. L'économie de guerre Partie 2.2. Vivre à l'arrière Volet 3. L'après-guerre et la mémoire

2.1.2. La protection des populations

Ce chapitre présente les sources qui montrent comment les différentes institutions ont dû s'adapter pour faire face, dans la durée, à des situations jusque-là circonscrites. Le départ des hommes qui étaient le plus souvent les seuls à subvenir aux besoins de la famille a bouleversé les équilibres sociaux. Le conflit a laissé des familles en détresse, 600 000 veuves et plus d'un million d'orphelins et victimes de guerre. Il a fallu une mobilisation des différentes administrations et structures d'assistance pour faire face au mieux aux nouvelles situations, réviser les réglementations alors en vigueur, panser les plaies. Les communes, les départements, l'Etat, les oeuvres de bienfaisance ont vu leur rôle et leur implication modifiés et considérablement amplifiés.

Les moyens classiques des administrations en place n'étant pas suffisants, les pouvoirs publics ont mis en oeuvre des moyens nouveaux pour aider d'une part les familles restées à l'arrière et d'autre part les populations nouvelles venues s'y réfugier. Ces populations venant s'ajouter à l'afflux de soldats blessés ou malades, les édiles doivent également se préoccuper sans attendre de l'organisation sanitaire.

Ce chapitre est ainsi constitué de 3 sous-chapitres :

1/ L'assistance et les secours publics constituent le premier sous-chapitre. Les sources montrent bien le rôle croissant de l'Etat dans les différents dispositifs d'aide aux populations défavorisées. On s'appuie d'abord sur d'anciennes structures tels les bureaux de bienfaisance ou les hôpitaux avant une spécialisation des moyens d'action ; se constituent ainsi des services ou des aides spécifiques, citons simplement le service des enfants assistés, dont on révise les conditions d'accueil pendant le conflit, la création d'un service dédié aux orphelins de guerre (juillet 1917) ou encore les aides spécifiques aux familles de mobilisés. Les conditions économiques étant toujours plus difficiles, les conditions d'attribution des différentes aides sont régulièrement modifiées. On voit naître un système allocataire, l'ancêtre du système d'assurances sociales actuel. Les aides s'adressent aussi aux populations des réfugiés qu'il faut soutenir dans leur exode.

2/ Les populations accueillies constituent le deuxième sous-chapitre, dans lequel on pointe la nécessaire organisation d'une administration non préparée pour recevoir et entretenir des personnes supplémentaires : trouver des locaux, trouver de l'argent pour donner une allocation souvent jugée insuffisante, trouver de quoi occuper ces hommes et femmes ou encore veiller à leur bonne santé sont des préoccupations essentielles. Un service des réfugiés est ainsi créé dans chaque département dès septembre 1914.

3/ La santé et l'hygiène publiques constituent le troisième sous-chapitre, dans lequel on s'attache d'une part à présenter l'organisation sanitaire, médicale et hospitalière mise en place et d'autre part à pointer les différentes actions de santé et d'hygiènes publiques menées auprès de tous les types de populations. Eviter les épidémies et la propagation des maladies contagieuses (la lutte contre la tuberculose ou encore la grippe est particulièrement développée) est en effet primordial, afin de maintenir un effectif militaire suffisant.

Le chercheur pourra sonder les difficultés du quotidien et comprendre l'ampleur des difficultés et les situations vécues au travers des statistiques, des nombreuses listes et documents de recensements, des dossiers individuels contenant par exemple des enquêtes sur les conditions de ressources ou encore des décisions motivées des différentes commissions. La moitié des sources provient des communes, ce qui est attendu, les maires jouant un rôle prépondérant dans l'application des différentes mesures.




Boite à outils

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