Volet 1. L'armée et les soldats Partie 1.1. Préparer et mener la guerre Chapitre 1.1.1. Les moyens humains Sous-chapitre Recrutement Sous-chapitre Mobilisation Sous-chapitre Formation Chapitre 1.1.2. Les moyens structurels Chapitre 1.1.3. Les forces et les opérations militaires Partie 1.2. Être soldat Volet 2. L'arrière et les civils Volet 3. L'après-guerre et la mémoire

Camp de Coëtquidan

Observations


LE CAMP DE COËTQUIDAN PENDANT LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

À la veille de la Première Guerre mondiale en France, les camps d'instruction sont situés à Châlons, Sissonne, Mailly, Valdahon, Avor, La Courtine et Coëtquidan. Le camp de Coëtquidan est le seul camp de ce type dans le Nord-Ouest de la France. Les autres camps en Bretagne, plus modestes, sont essentiellement des champs de tirs et de manoeuvres régimentaires. Toutefois, en superficie, Coëtquidan est un petit camp par rapport aux grands camps de l'Est. C'est à la fois un champ de tir, un terrain de manoeuvres et un camp d'instruction pour les troupes de deux régions militaires (les 10e et 11e), mais il est administré par la 10e région militaire de Rennes. Situé à 45 kilomètres au sud-ouest de Rennes et à environ 20 kilomètres à l'est de Ploërmel, il s'étend sur les communes de Campénéac, Beignon, Augan, Porcaro, Guer et Saint-Malo de Beignon dans le Morbihan.

La Première Guerre mondiale marque un tournant dans l'histoire du camp puisqu'elle met un terme à sa spécificité bretonne. En effet, de 1914 à 1918, il brasse des hommes venus des quatre coins de la France et du monde.

Le 2 août 1914, le camp se vide, les civils sont mobilisés et les troupes de l'armée d'active gagnent les frontières du Nord et de l'Est. Dès l'automne 1914, il accueille les premiers prisonniers de guerre allemands. Au total, plus d'un millier de soldats allemands sont retenus à Coëtquidan.

En 1915, le camp de Coëtquidan redevient un camp d'instruction et un champ de tir. Les prisonniers de guerre sont dispersés dans les fermes de Bretagne ou envoyés dans d'autres camps. De jeunes appelés de la classe 1915 venant de toute la Bretagne reçoivent une instruction militaire à Coëtquidan avant d'être dispersés dans les régiments des 10e et 11e corps d'armée. En outre, des recrues de la classe 1915, venant des dépôts bretons, normands et de l'Est, sont incorporées dans les 410e et 411e régiments d'infanterie, deux régiments créés le 20 mars 1915 à Coëtquidan. Des recrues de toute la France sont affectées dans les 94e et 294e régiments d'infanterie de Reims, dont les dépôts ont été repliés à Coëtquidan. Le camp accueille aussi des blessés guéris venant de toute la France, des permissionnaires bretons qui transitent par Coëtquidan avant de remonter au front, des hommes qui viennent recevoir une instruction spéciale (tir mitrailleuse par exemple) et des travailleurs coloniaux originaires du Maghreb.

En juin 1917, quand les premiers soldats américains débarquent en Bretagne, le haut commandement français propose de mettre à disposition des Américains le camp pour l'instruction des unités d'artillerie américaines. Remis officiellement à l'armée américaine le 15 août 1917, le camp est profondément transformé et modernisé. Dans les environs, des travaux gigantesques sont entrepris : agrandissement de la gare de Guer, édification de nouveaux bâtiments, élargissement des principaux axes (la nationale 24). Le 30 juin 1919, les autorités françaises reprennent officiellement possession du camp, mais le camp reste vide pendant plusieurs mois avant que l'armée française s'y installe de nouveau.

La guerre a contribué à désenclaver le camp. Préservé des combats, contrairement aux grands camps de l'Est, Coëtquidan devient le grand camp de manoeuvres de l'ouest de la France, dans les années d'après-guerre. Situé dans une région rurale et excentrée, le camp de Coëtquidan est moderne, bien desservi par les routes et les voies ferrées. Dans les années 1920, il n'est plus réservé strictement à un emploi régional. Des unités non bretonnes (des 3e et 4e régions de Rouen et du Mans par exemple) viennent s'y instruire chaque année entre le 15 avril et le 15 novembre.




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